Bagatelles pour mon journal : le « ça », serait donc le réceptacle des pulsions inconscientes ?
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Pour Laplanche et Pontalis, le ça "constitue le pôle pulsionnel de la personnalité."1 D’après le Trésor de la langue française informatisé (TLFi) il s’agit « des pulsions inconscientes formées par les instincts primaires (héréditaires) et les pulsions refoulées (acquises), et constituant l'une des trois instances de la personnalité. » Antonymes le moi et le surmoi. La fréquentation de la psychanalyse n’a pas provoqué de réelles révélations en moi. J’ai lu un nombre certain d’ouvrages de Freud – le « rebouteux viennois », comme le qualifiait Nabokov – même si la lecture en fut relativement difficile pour un béotien. Par contre, j’ai beaucoup apprécié la lecture de plusieurs œuvres de Gustav Jung, surtout Ma vie. Souvenirs, rêves et pensées – recueillis par Aniéla Jaffé – malgré les sympathies nazies qu’on lui attribua…
Toutefois, ma préférence va nettement à Groddeck, antinazi notoire, notamment pour son Livre du Ça2. J’aime beaucoup les œuvres épistolaires et cette fiction littéraire s’accorde parfaitement à mon goût. Le Livre du Ça est « constitué d’une série de lettres fictives adressées à une amie, lettres pleines d’esprit, de poésie et de malice où l’auteur développe sa propre thématique du ça, fort différente de celle de Freud », explique Gallimard, son éditeur français. Les lettres de l’amie sont en fait des réponses postales de Freud à la multitude de lettres que lui adressait Groddeck. Cela n’était pas suffisant pour me séduire, même si je me trouvais dans une disposition favorable à cette découverte. Le « ça », serait donc le réceptacle des pulsions inconscientes ?
Ceci ne constitue nullement une adhésion quelconque à la psychanalyse, mais on ne peut faire l’impasse sur ce courant de pensée, ou plutôt sur cette méthode de connaissance de soi. Or, la pensée de Groddeck me semble tellement pleine de bon sens, agrémenté d’un humour plaisant…
Enfin, pour l’histoire de la psychanalyse, dans son introduction au livre de Groddeck, Roger Lewinter écrit : « Le Livre du Ça, gage d’allégeance qui devait sceller l’insertion de Groddeck dans le mouvement analytique, signala ainsi les débuts de son éloignement. La rencontre entre Groddeck et Freud avait été une fausse rencontre, et comme telle, elle n’amena pas vraiment de rupture. Mais les malentendus, délibérément entretenus par Groddeck dès sa première contribution « scientifique » — Détermination psychique et traitement psychanalytique des affections organiques —, ne se sont alors pas non plus dissipés ; et le Livre du Ça, fin de l’équivoque, en marque aussi l’extrême. »
1 Jean Laplanche, Jean-Bertrand Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse (1967). Presses Universitaires de France 7e édition : 2e trimestre 1981.
2 Georg Groddeck. Le Livre du ça (1973). Collection Tel (no3). Gallimard.