Verva volant, scripta manent

Les paroles s'envolent, les écrits restent.

 

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2ème partie. Évolution historique 

et étymologie du terme écrit

Origine latine

Le terme écrit provient du latin scriptum, participe passé neutre substantivé du verbe scribere, qui signifiait "tracer des caractères, écrire, composer, rédiger". La racine scribere a engendré une famille lexicale riche en français, incluant "écriture", "scribe", "manuscrit" (manus + scriptum) et "post-scriptum" (post + scriptum).​

Premières attestations

La forme escrit apparaît dans les textes français vers 1050, à l'indicatif présent troisième personne, dans la Vie de saint Alexis, l'un des premiers monuments de la littérature française. Dès 1119, le participe passé substantivé est attesté dans les textes de Philippe de Thaon, marquant l'établissement du nom commun.​

Évolution phonétique et graphique

Le mot a connu une évolution morphologique caractéristique du passage du latin au français:​

XIe siècle: escrit / escrivre - conservation du groupe consonantique latin [sc]

Moyen français: Influence analogique des verbes lire et dire, conduisant aux formes escrire et escrit

Français classique: Suppression du [s] étymologique, donnant les formes modernes écrire et écrit avec accent aigu

Développement sémantique

La substantivation du participe passé scriptum reflète un processus linguistique fondamental: le passage de l'action (ce qui est écrit) à l'objet (l'écrit comme production matérielle). Cette évolution sémantique accompagne la valorisation croissante de l'écrit comme support de la mémoire, de l'autorité juridique et de la création littéraire dans la civilisation médiévale.​

Au XIIe siècle, la distinction entre "loi écrite" et traditions orales ou coutumières s'établit fermement, illustrant l'importance croissante du document écrit comme preuve et fondement du droit.​

À suivre

 

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