Bagatelle pour LES ÉCRITS. Le grain de sel de Serge Bénard : aujourd'hui Jack London
21 janv. 2026/image%2F7030078%2F20260121%2Fob_ba9542_bagatelle-190126.jpg)
Jack London n’ a pas seulement écrit des romans d’aventure, il fut lui-même un aventurier dont la vie s’apparente à un roman ; un roman tragique.
Ses livres ont enchanté mon enfance puis, plus tard, ils ont donné un écho à mes préoccupations humaines, sociales et politiques (Martin Eden, Le Talon de fer, Le Peuple de l’abîme, Le Vagabond des étoiles).
Comme ceux de James Olivier Curwood, l’autre grand écrivain américain traitant des mêmes thèmes (Le Grizzly, devenu L’Ours pour le film de Jean-Jacques Annaud), ses récits du Grand Nord me fascinaient (L’Appel de la forêt, Croc-Blanc, Belliou la fumée ), tout comme les aventures canines de Jerry, chien des îles et Michaël, chien de cirque, m’ont captivé. Para- doxalement, le roman que je préfère de lui reste Les Mutinés de l’Elseneur, qui n’a rien à voir avec le Grand Nord… puisqu’on peut le classer dans les romans « maritimes ». Dans sa préface à une édition française de 1974, Jean-François Deniau, un passionné de la mer, écrivait : « Attention ! vous avez sous les yeux et entre les mains peut-être le plus fort des romans de Jack London, certains pensent le plus noir. » Je partage cet avis : je suis sûr de l’avoir lu et relu maintes fois.
« C’est une figure assez curieuse que celle de Jack London qui fut dans le sens le moins populaire du mot un aventurier possédant tous les goûts de ceux qui firent les délices des romantiques, la sensibilité toutefois l’emportant sur la passion. » Pierre Mac Orlan, La NRF, mars 1921.