Par Maurice Mourier. 20 décembre 2016.
De Matsuo Munefusa dit Bashô (1644-1694), le plus illustre poète du haïku, cette forme poétique ultra-brève (un verset de 17 syllabes disposées en trois vers de 5, 7 et 5 syllabes respectivement), nous avons la chance de posséder l’édition complète et bilingue procurée par Makoto Kemmoku et Dominique Chipot en poche (La Table Ronde, 2014). Avouons cependant que devant ce trésor lu en continuité, si quelques dizaines de textes frappent immédiatement par une harmonie et une sensibilité proches de celles que nous pouvons trouver chez nous (Verlaine, par exemple, ou certaines séquences d’Aloysius Bertrand, ou certaines Contrerimes de Paul-Jean Toulet), la plupart de ces notations ténues nous laissent, à défaut d’un guide avisé, froids ou hébétés comme poule tombée sur un couteau.
En somme, pour le haïku, il faut être initié, faute de quoi on passe à côté ou, pire encore, comme tant d’amateurs, dont quelques-uns portent de grands noms – Claudel notamment – , on s’acharne à produire en français du haïku qui n’est que japoniaiserie.
 
 

Bashô, Journaux de voyage. Trad. du japonais par René Sieffert. Verdier, 124 p., 14, 50 €
Torahiko Terada, L’esprit du haïku suivi de Retour sur les années avec le maître Sôseki. Philippe Picquier, 80 p., 11,50 €

 

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