Bagatelles pour mon journal : Dans l’armée britannique Alan Turing a travaillé au déchiffrement des messages les plus secrets de la marine allemande
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Alan Turing, mathématicien britannique de génie, cryptologue, pionnier de l’informatique et de l’intelligence artificielle a largement contribué sans nul doute à la victoire des Alliés dans la Seconde Guerre mondiale. Dans l’armée britannique Alan Turing a travaillé au déchiffrement des messages les plus secrets de la marine allemande. Son apport fut essentiel car, avec son équipe, il a amélioré la bombe polonaise, un dispositif qui permettait de déchiffrer le code des machines Enigma utilisées par le commandement nazi. À Bletchley Park (station secrète d'interception et d’émission radio), on décodait plus de 3 000 messages allemands par jour. Turing a toujours joui de la confiance de Churchill. Et celui–ci s’est appuyé sur son travail et le sabotage de contre–information organisé par ses soins pour prendre des décisions stratégiques essentielles. Celles–ci ont conduit à la défaite allemande sur le front britannique. Turing est donc un héros. Hélas, il était en avance d’une époque (au moins).
La guerre terminée qui aurait peut–être connu une autre issue sans son apport essentiel, Turing met son intelligence et son énergie à la mise au point d’un des premiers ordinateurs. Il s’intéresse parallèlement à l’intelligence artificielle (test de Turing, une proposition de test d'intelligence artificielle). Malheureusement, en cette période, le Royaume–Uni vivait encore à l’heure victorienne et Turing n’a jamais cherché à dissimuler son homosexualité. Il fut condamné et eut à choisir entre la prison et la castration chimique. Il opta pour cette dernière mais ne put supporter la déchéance et se suicida.
Cette fin, controversée, veut qu’il ait croqué dans une pomme ayant préalablement macéré dans le cyanure. Il appréciait en effet tout particulièrement le film Blanche–Neige et les Sept Nains. Mais cette version n’a jamais fait l’unanimité. On raconte aussi que le symbole de la firme de Cupertino (comme disent les journalistes las de citer le nom d’Apple) aurait été une référence discrète à Turing. Steve Jobs, co-fondateur d’Apple, grand consommateur de pommes, n’a jamais confirmé cette hypothèse. Mais elle ne manque pas d’intérêt. Évidemment, pour Apple, outre les goûts de son fondateur pour les pommes on peut aussi penser à Ève, croquant la pomme de l’arbre de la connaissance du bien et du mal…
En 2009, le premier ministre Britannique d’alors, Gordon Brown, présenta des excuses au nom du gouvernement « pour le traitement infligé à Turing ». Mais il faudra attendre encore quelques années pour une manifestation royale. L'auguste personne accordera son pardon le 24 décembre 2013. Il aurait été plus normal que ce soit elle qui demande pardon puisque les faits reprochés à ce grand savant n'étaient plus délictueux (et n’auraient jamais dû l’être) et qu’il s’agissait somme toute de quelque chose s’apparentant à une grave erreur judiciaire…
J’ai découvert ce génie en lisant La guerre secrète. Le rempart des mensonges – tome 1 et La guerre secrète/ Le jour j et la fin du IIIe Reich – tome 2, d’Anthony Cave Brown. Deux ouvrages d’environ cinq cents pages chacun, remarquables par la richesse de leur information et la qualité de leur rédaction (et sans doute de leur traduction). Autre livre utile intéressant pour comprendre Turing : Indécence manifeste de David Lagercrantz.