Existe-t-il des écrits woke ? Non. Il s'agit plutôt d'une catégorie polémique servant à cataloguer certains contenus militants qu’un drapeau fédérateur
17 sept. 2025/image%2F7030078%2F20250917%2Fob_3a81e7_dall-e-2023-11-15-17-32-44-an-illustr.png)
Il n’existe pas à proprement parler d’écrits spécifiquement woke au sens d’un genre littéraire constitué ou d’une mouvance organisée qui s’en réclament ouvertement. Le terme “woke” est surtout utilisé comme une étiquette polémique, souvent par les opposants à certaines formes de militantisme identitaire, et désigne une sensibilité accrue aux discriminations et injustices, notamment raciales, genrées ou sociales.
Origine et signification du terme
“Woke” signifie d’abord “éveillé” face à l’injustice, utilisé historiquement par les Afro-Américains engagés dans la lutte pour les droits civiques. Aujourd’hui, il qualifie ceux qui défendent activement les causes minoritaires et cherchent à déconstruire les discriminations dans tous les aspects de la société.
Littérature et wokisme
Ce qui est parfois considéré comme “écrit woke” renvoie en général à des œuvres, essais, études ou fictions qui cherchent à déconstruire préjugés racistes, sexistes ou sociaux, ou à rendre visibles des minorités. Il s’agit moins d'un corpus auto-désigné que d’“écrits” ciblés par la critique comme symptomatiques d’une sensibilité woke, ou à l’inverse, de textes revendiquant la lutte contre l’injustice sociale.
Des essais tels que Déconstruire, reconstruire. La querelle du woke de Philippe Forest (Gallimard) ou La religion woke de Jean-François Braunstein analysent et discutent ces tensions sans qu’il existe un “canon” woke reconnu.
Il n’existe pas, à ce jour, de manifestes ou de recueils explicitement rédigés par des collectifs ou des auteurs se revendiquant ouvertement du terme “woke”. Le terme est en effet très rarement utilisé à titre d’auto-identification : il fonctionne surtout comme étiquette attribuée de l’extérieur, souvent de façon polémique ou critique, à des textes, essais, ou courants militants progressistes.
Ouvrages collectifs, essais et manifestes cités comme « woke »
- Des textes qualifiés de “woke” ou accusés de “wokisme” sont l’objet de recueils critiques ou de traités d’opposition, mais non de manifestes explicitement revendiqués comme tels par leurs auteurs. Par exemple, l’ouvrage collectif Face à l’obscurantisme woke (PUF, 2025) réunit des contributions d’auteurs analysant et critiquant le phénomène, mais il s’agit d’une démarche défensive ou d’analyse, non d’un manifeste fédérateur du “wokisme”.
- Des ouvrages comme La religion woke de Jean-François Braunstein ou Déconstruire, reconstruire de Philippe Forest traitent la question comme objet d’analyse ou d’opposition, mais ne constituent pas des manifestes “woke” au sens de programmation militante revendiquée.
- À l’inverse, les textos manifestes des causes antiracistes, féministes ou LGBTQ+ (par exemple, les manifestes du mouvement Black Lives Matter ou ceux issus de la théorie du genre ou de la race) sont rarement, voire jamais, signés ou titrés explicitement sous le label “woke”, même s’ils sont ultérieurement désignés comme tels par la critique publique ou médiatique.
Usage du terme dans la littérature militante
Le mot “woke” est plus une catégorie polémique servant à cataloguer certains contenus militants qu’un drapeau fédérateur utilisé par les intéressés eux-mêmes. Les écrits fondateurs des mouvements antiracistes (par exemple, Critical Race Theory, ou les textes du mouvement Black Lives Matter) peuvent être cités comme “woke” par leurs détracteurs, mais ne portent jamais cette étiquette d’origine.
Pour résumer, ill n’existe pas, à ce jour, de manifeste ou de recueil explicitement publié sous la bannière “woke”, même si de nombreux textes sont qualifiés ainsi dans le débat public, le plus souvent de façon critique ou polémique.
Le label “écrit woke” désigne donc davantage un ensemble diffus d’œuvres et de textes (romans, essais, tribunes, manuels de militantisme, écrits universitaires) où la dénonciation des discriminations et la promotion de l’inclusivité sont centraux, mais c’est un terme attribué de l’extérieur, souvent de manière critique, plus qu’un drapeau revendiqué collectivement par les auteurs concernés.