Article d' publié dans la   Année 1964. 183. pp. 489-515.
Rumegies, situé à huit kilomètres de Saint-Amand, est actuellement un village de 1 187 habitants qui appartient au canton de Saint-Amand (rive gauche) et à l'arrondissement de Valenciennes. Au xvii6 siècle, cette localité faisait partie de la seigneurie de Saint-Amand, qui groupait en un bloc compact le bourg abbatial et neuf villages des environs. Dans tout cet ensemble, l'abbé possédait le droit de haute justice, exercé en son nom par l'échevinage de Saint-Amand aux rouages assez complexes.
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Le journal du curé Alexandre Dubois

Il nous faut en venir maintenant à Alexandre Dubois et à son journal. Quand il arriva à Rumegies en 1686 — sans doute suivant ie processus que nous avons indiqué plus haut — il avait 31 ans 25. Il venait de Saint-Amand, où pendant deux ans il avait été titulaire de la chapellenie Notre-Dame dans l'église paroissiale 26 : sorte de sinécure — peu payée d'ailleurs — qui n'obligeait qu'à célébrer les quelques messes prévues par le fondateur. A Rumegies, il retrouva une nombreuse parenté, comme nous l'avons vu, et il exerça sa charge de curé pendant 53 ans, aidé par un vicaire à partir des premières années du xvnf siècle 27 . Il mourut le 8 octobre 1739, à l'âge de 84 ans, suppléé depuis trois ans par son vicaire Gabriel-Joseph Mallet28.

On aimerait savoir quelle sorte de formation reçut A. Dubois. Mais on ne peut faire à ce sujet que des hypothèses.

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La méthode de travail de l'auteur contribue à accroître l'intérêt de son livre. Celui-ci est, par la forme, un journal, puisque les événements de tous ordres sont disposés dans l'ordre chronologique ; mais, en fait, sauf à la fin de sa vie, le curé Dubois laissait s'écouler un certain temps, parfois plusieurs années avant de se mettre à écrire ; et ce recul lui permettait de donner à son récit plus d'unité et plus de profondeur que n'en peut avoir un simple journal. Il est facile de voir, par exemple, qu'il n'a commencé à écrire qu'en 1694 et, comme sa narration reprend les faits à partir de 1686, c'est — en volume — un tiers de cette histoire qui a été composé d'un seul trait 33. Le reste de l'œuvre — tout au moins jusqu'en 1720, a été rédigé de la même manière, par longs passages couvrant un an ou deux. En définitive, on pourrait dire que le livre du curé Dubois tient à la fois du journal et des mémoires.

 

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