La rectitude est une grande valeur morale à laquelle j’ai toujours aspiré. Mais je doute d’y être parvenu pleinement malgré ma bonne volonté et ma sincérité. Quand on parle de rectitude, on entend une qualité de l’esprit (considéré comme siège de la moralité) qui doit marquer la probité et se manifester par des vues honnêtes et pures. On l’assimile volontiers à un « bon esprit ». Cela rappelle le grand Molière dans Le Misanthrope : « Mais cette rectitude / Que vous voulez en tout avec exactitude, / Cette pleine droiture où vous vous renfermez, / La trouvez–vous ici dans ce que vous aimez ? ».

Il ne faut pas confondre rectitude et rigorisme. L’une offre une totale ouverture d’esprit, tandis que l’autre peut s’en trouver dépourvu, me semble–t–il. Jamais la rectitude ne doit pouvoir être associée à la rigidité : celle que l’on moque parfois chez les prétendus « psychorigides » !  Mon père, homme de probité, m’a appris par son exemple que la rectitude est une faculté humaine qui se conforme à la raison, au droit, à la véritable norme.

Certaines personnes à propos d’une autre disent parfois : « Nous ne doutons pas de…» Ce qui, en même temps qu’un compliment, manifeste sa droiture la reconnaissance d’une certaine dignité. À celle–ci, on pourrait associer les mots franchise, force, honnêteté et sans doute quelques autres comme l’honneur et la loyauté. On peut aller loin. En résumé, équité, justice et rectitude sont des mots de bonne compagnie. J’espère n’avoir pas trop failli.

Pourquoi ne pas terminer ce point par une autre citation, de François de La Rochefoucauld cette fois : « Peu d’esprit avec de la droiture ennuie moins à la longue que beaucoup d’esprit avec du travers » ?

 

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