Le désir « d'extimité » mis à nu. Le droit à l’intimité est essentiel à la constitution d’une organisation sociale démocratique
08 févr. 2025- Par Serge Tisseron
Pages 53 à 62
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Avant de parler des changements qui affectent aujourd’hui l’intimité, il est indispensable de faire son apologie. Non pas pour s’inquiéter des menaces qui pèseraient sur elle, mais au contraire pour insister sur la façon dont tout nouvel arrivant au monde construit la sienne en relation avec son entourage, si bien qu’elle ne cesse de se transformer et d’évoluer.
Tout d’abord, que faut-il entendre par « intimité » ? Ce mot ne peut se définir que par confrontation des deux domaines qui s’y opposent : l’espace public et l’espace privé. Le premier engage ce qu’on partage avec le plus grand nombre, et le second seulement avec des personnes choisies. L’espace intime, quant à lui, est ce qu’on ne partage pas, ou seulement avec quelques très proches... et aussi ce que chacun ignore de lui-même : c’est à la fois son jardin secret et l’inconnu de soi sur soi. Ce droit à avoir un espace intime est essentiel pour chacun d’entre nous, et cela aussi bien du point de vue mental que social.
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