On ne trouve pas la solitude, on la fait. La solitude elle se fait seule. Je l’ai faite. Parce que j’ai décidé que c’était là que je devrais être seule, que je serais seule pour écrire des livres1.


Signée par Marguerite Duras (1914-1996), cette citation pose le cadre et l’objet du présent travail. L’auteure française institue en effet la solitude comme une condition essentielle de l’acte d’écriture – l’écrivain ne pourrait faire œuvre qu’après s’être isolé, retranché du monde. Loin d’être une revendication propre à Duras, ce besoin de solitude est partagé par de nombreux auteurs. Ainsi, dans le monde anglophone, Virginia Woolf (1882-1941), figure marquante de la littérature moderniste, a également insisté sur l’importance de la solitude au regard de la pratique créatrice. De cette manière, par le rôle fondamental que ces écrivaines lui reconnaissent, la solitude devient un moyen de rapprocher leurs ouvres et leur poétique, qui s’ancrent pourtant dans des contextes linguistiques et culturels distincts.

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1 DURAS Marguerite, Écrire, Paris, Gallimard, 1993, p. 17.

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