Françoise d'Eaubonne (1920-2005) est une écrivaine prolifique et militante engagée, née à Paris dans une famille sensibilisée aux inégalités féminines. Elle a publié une centaine d'ouvrages variés, tout en militant pour le féminisme, l'écologie et d'autres causes radicales. Sa vie privée reflète ses combats, marquée par des unions symboliques et des enfants élevés dans un contexte militant.​

Née Françoise Marie-Thérèse Piston d'Eaubonne, troisième d'une fratrie de cinq enfants, elle grandit à Toulouse avec un père anarchiste chrétien handicapé par la guerre et une mère scientifique ayant suivi les cours de Marie Curie. Elle épouse Jacques Aubenque, avec qui elle a deux enfants, Indiana et Vincent, élevés avec l'aide familiale pendant sa carrière littéraire. En 1976, elle contracte un mariage symbolique avec le prisonnier Pierre Sanna à Fresnes, pour protester contre l'oppression de classe et de sexe, et vit plus tard avec Gérard Hof lors d'actions antinucleaires.​

Écrivaine précoce, elle publie ses premiers poèmes en 1942 (Colonnes de l'âme) et son roman Le Cœur de Watteau en 1944, tout en résistant. Lauréate du Prix des lecteurs en 1947 pour Comme un vol de gerfauts, elle produit romans historiques, science-fiction post-patriarcale (cycle du Losange), biographies de femmes (comme Louise Michel la Canaque), essais, poésie et littérature jeunesse, jusqu'à L'Évangile de Véronique en 2003. Lectrice pour Julliard, Calmann-Lévy et Flammarion, ses œuvres, traduites en douze langues de son vivant, explorent érotisme, féminisme et utopies.​

Cofondatrice du MLF fin 1960, signataire du Manifeste des 343 (1971), elle défend l'avortement via le "commando saucisson" et lance le FHAR avec Guy Hocquenghem. Soutenant Simone de Beauvoir dès Le Complexe de Diane (1951), elle invente "phallocrate" et prône la "grève des ventres" contre la surpopulation patriarcale, critiquant mariage, bisexualité originelle et domination masculine. Membre de SOS Sexisme dès 1988, elle anime des groupes comme Écologie-Féminisme.​

Inventrice du terme "écoféminisme" en 1974 (Le Féminisme ou la mort), elle lie patriarcat, exploitation des femmes et de la nature, appelant à une "gestion égalitaire d'un monde à renaître" via décroissance, autogestion et sortie du capitalisme. Elle milite contre le nucléaire (attentat à Fessenheim en 1975), la surpopulation et l'agriculture intensive, fondant Écologie-Féminisme en 1978. Ses idées influencent la décroissance actuelle.​

Engagée au MLF et au FHAR, d'Eaubonne perçoit la surpopulation comme un "lapinisme phallocratique" et prône la "grève des ventres" pour que les femmes reprennent le contrôle de la démographie. Militante antinucléaire, elle participe à des actions comme l'attentat contre la centrale de Fessenheim en 1975. En 1978, elle fonde le groupe Écologie-Féminisme, prolongeant ses essais Une femme nommée Castor (1977) et La Moyenne Maléfique.​

Elle argue que la maîtrise masculine de la fécondité humaine (via la science) et de la fertilité des sols (agriculture) a asservi femmes et Terre. Son projet vise une "co-gestion égalitaire des deux sexes", anticapitaliste, autogestionnaire et décroissant, critiquant croissance et salariat. Précurseure méconnue, ses idées influencent aujourd'hui la décroissance et les écolos-féministes.​

Françoise d'Eaubonne tire ses influences intellectuelles pour l'écoféminisme d'un socle militant et théorique ancré dans le féminisme radical, l'écologie naissante et l'anarchisme. Sensibilisée en 1971 par un ami du FHAR à la crise écologique, elle s'appuie sur Serge Moscovici pour articuler écologie et féminisme politiquement. Ses origines familiales – père anarchiste chrétien, mère scientifique – et ses engagements au PCF (jusqu'en 1956), au MLF, FHAR et contre le colonialisme nourrissent sa vision anticapitaliste.​

Elle dialogue avec Simone de Beauvoir tout en critiquant le féminisme libéral, et puise dans les mythes ancestraux pour dénoncer l'exploitation patriarcale des femmes et de la Terre dès la maîtrise de la fécondité et de l'agriculture. Le contexte du MLF, avec ses luttes pour l'avortement, inspire sa "grève des ventres" contre la surpopulation "phallocratique". Moscovici fournit le cadre historique liant patriarcat à l'appropriation des ressources naturelles.​

Militante antinucléaire et contre la croissance, elle anime dès 1974 un groupe au Front féministe devenu Écologie-Féminisme en 1978, croisant luttes des sexes et des classes. Ses essais comme Le Féminisme ou la Mort (1974) synthétisent ces apports en un projet de "co-gestion égalitaire", préfigurant la décroissance. Son anarchisme personnel rejette salariat et capitalisme, influencé par mai 68 et Arcadie.​

Françoise d'Eaubonne a été influencée par le marxisme via son adhésion au Parti communiste français (PCF) jusqu'en 1956, période où elle intègre des éléments marxistes dans ses premières œuvres comme Le Complexe de Diane (1951). Elle critique toutefois les penseurs marxistes classiques pour leur négligence du patriarcat et du phallocratisme, qu'elle considère comme des oppressions antérieures à la lutte des classes. Aucune figure marxiste spécifique n'est nommée comme influence directe, mais le marxisme global imprègne sa synthèse anticapitaliste et sa dénonciation de l'exploitation des femmes et de la nature.​

Membre du PCF dans l'immédiat après-guerre, elle absorbe la culture marxiste du parti, centrée sur la lutte des classes, avant de rompre en 1956, déçue par son dogmatisme. Cette expérience nourrit son projet écoféministe anticapitaliste, prônant nationalisation des productions et abolition du salariat, tout en priorisant la "lutte des sexes avant la lutte des classes".​

Elle reproche aux marxistes et socialistes de sous-estimer le phallocratisme dans les sociétés capitalistes comme socialistes, arguant que patriarcat et domination masculine expliquent l'exploitation écologique. Influencée par mai 68 et ses origines anarchistes, elle opère une "synthèse" entre marxisme et féminisme radical, sans abandonner l'anticapitalisme.​

Françoise d'Eaubonne n'a cité explicitement aucun texte marxiste spécifique dans ses écrits écoféministes principaux, comme Le Féminisme ou la Mort (1974), où elle critique plutôt le marxisme pour son omission du patriarcat. Son passage au PCF jusqu'en 1956 l'imprègne d'une culture marxiste générale – lutte des classes, critique du capitalisme – sans références précises à Marx, Engels ou Lénine. Elle opère une rupture théorique, priorisant la "lutte des sexes avant la lutte des classes", influencée par son expérience militante plutôt que par des citations textuelles.​ Dans Une femme nommée Castor (1977), elle évoque une "synthèse" anticapitaliste sans nommer de textes précis. Son rejet du dogmatisme marxiste-léniniste post-1956 explique cette discrétion.​

Le marxisme fournit un cadre pour sa dénonciation de l'exploitation (femmes, nature, prolétariat), mais elle le complète par l'anarchisme familial et l'écologie de Serge Moscovici. Ses critiques portent sur l'aveuglement marxiste au phallocratisme, sans confrontation textuelle détaillée.​

Ses références au marxisme restent générales, imprégnées de son expérience au PCF jusqu'en 1956, sans extraits textuels notables de Le Capital, du Manifeste communiste ou des Manuscrits de 1844. Elle critique plutôt l'orthodoxie marxiste pour son oubli du patriarcat, priorisant une synthèse anticapitaliste sans confrontation philologique.​

Le cadre marxiste – lutte des classes, exploitation – sous-tend sa dénonciation du capitalisme, mais elle l'adapte à l'écoféminisme via des apports anarchistes et féministes, sans citations fréquentes ou mises en exergue de passages spécifiques.​

 

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