Enquête. Une «plongée dans la psyché humaine» : dans les archives de l’APA, au service secret des journaux intimes
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Elle a toujours des petits papiers volants à portée de main. «Je note ce qui me vient, les bricoles du quotidien, les pensées philosophiques.» Marie-Dominique Pot, 78 ans, écrit «comme on fait la vaisselle», sans réfléchir et parce qu’elle ne peut pas faire autrement. Elle recopie ses notes dans son journal qui finit ensuite en cendres ou avec les épluchures de légumes. En 1939, Roland Louvrier, lui, dessinait la météo avec sa boîte de crayons de couleur, il aimait les nuages : «Lever : brouillard et rosée, cumulus à la mi-journée et coucher du soleil aux stratus à l’horizon.» Jacqueline Chebrou, une ancienne institutrice, a tenu son journal de ses 13 à 93 ans. Par un jour de tri : «Toute ma vie, j’ai entassé des documents dans le but improbable d’en faire une œuvre. En définitive, me voici à 81 ans devant un gros tas de papiers, sans plus.»