« Il n’est pire sourd que celui qui ne veut entendre » affirme un dicton bien connu. Beethoven, lui, ne faisait pas semblant. Et il enrageait que sa surdité l’empêchât de communiquer avec son entourage. À moins que ses colères légendaires ne soient imputables, comme on l’a parfois suggéré, à son addiction au vin, voire au champagne ?

J’ai toujours été choqué que cette infirmité puisse être moquée. Rit-on d’un muet ou d’un aveugle ? Certes le niveau de gravité peut être perçu comme moindre, il n’en reste pas moins un sérieux handicap. Hergé avec son fameux et ridicule professeur Tournesol aurait–il contribué à cette conspiration ? Peut-être, mais bien avant lui, des auteurs français avaient introduit des personnages sourds ou victimes d’une déficience auditive dans leurs œuvres : le père Bricolin dans Le Meunier d’Angibault et le père Brulet dans Les Maîtres Sonneurs de George Sand, ou encore le maréchal Hulot dans La Cousine Bette chez Balzac. Ce sont certes des personnages secondaires, mais ce n’est pas le cas de Quasimodo le personnage légendaire de Victor Hugo, dans Notre-Dame de Paris…

Le 25 novembre 1845, Victor Hugo écrit à Ferdinand Berthier, fondateur de la Société centrale des sourds-muets à Paris : « Qu'importe la surdité de l'oreille, quand l'esprit entend. La seule surdité, la vraie surdité, la surdité incurable, c'est celle de l'intelligence. » nous dit Vivane Matar Touma, (« La surdité de l'enfant entraîne le mutisme des parents »).

Moins philosophique mais tout aussi pertinente cette remarque de Georges Feydeau : « C’est avec les sourds qu’on s’entend le mieux. »

 

 

 

 

 

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