Alphabet de l'Orkhon. Retrouvé par des archéologues russes dans la vallée de l'Orkhon en Mongolie.

L'alphabet de l'Orkhon est le plus ancien système d'écriture attesté utilisé pour noter une langue turque, inventé au VIe siècle par les Göktürks en Asie centrale, surtout connu par les inscriptions monumentales de la vallée de l'Orkhon en Mongolie.

Historique

L'alphabet de l'Orkhon, ou alphabet Köktürk, apparaît au milieu du VIe siècle avec le premier empire turc Göktürk. Il sert à transcrire le vieux-turc, une branche orientale des langues turques distincte du turc moderne. La première découverte d'inscriptions remonte à la fin du XIXe siècle, retrouvées par des archéologues russes dans la vallée de l'Orkhon en Mongolie. Les inscriptions les plus célèbres ont été gravées entre 732 et 735 sur des obélisques à la gloire des princes Kul Tegin et Bilge Kaghan.

Usages

Ce système comporte 38 signes : 34 pour les consonnes et seulement 4 pour 9 voyelles, particularité liée à l'harmonie vocalique du turc. L'alphabet a souvent été gravé sur la pierre ou le bois, conduisant à une prédominance de traits droits et à une graphie proche des runes. L'écriture se lit principalement de droite à gauche, parfois verticalement. Les usages de l'alphabet étaient principalement épigraphiques : il servait à immortaliser événements politiques, épopées et généalogies sur des monuments et stèles. L'alphabet se décline en variantes régionales comme celui de l’Ienisseï et des “runes hongroises”.

Disparition

L’utilisation de l’alphabet de l’Orkhon décline à partir du IXe siècle, avec l'expansion des peuples turcs vers de nouvelles régions et l'adoption d’autres systèmes d’écriture comme l’araméen puis l’arabe grâce à l’islamisation progressive. Au fil du temps, il se maintient dans quelques régions éloignées (Sibérie, Xinjiang) mais finit par disparaître, supplanté par des alphabets plus répandus. Son usage se limite désormais à l’étude des monuments et à des recherches historiques et linguistiques.

Points-clés et héritage

  • Premier alphabet national turc, révélateur de l’histoire et de la culture Göktürk.
  • Ses inscriptions majeures sont vitales pour la compréhension de l’identité turque et de l’épopée des peuples de la steppe.
  • Disparu en tant qu’outil vivant, mais revalorisé comme patrimoine culturel et linguistique dans le monde turc contemporain.

 

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