Tous ces livres qu’on accumule et qu’on ne lira jamais : « J’ai fini par comprendre que c’est moins un fardeau qu’une forme de richesse »
23 sept. 2025/image%2F7030078%2F20250923%2Fob_e385e7_v-25116-78985dfc-9e6b-49b6-8ca3-238257.jpg)
L’écrivain et journaliste Thomas Chatterton Williams voit, dans le fait d’amasser dans sa bibliothèque des milliers d’ouvrages, dont une vie entière ne parviendra pas à satisfaire la lecture, la beauté d’un monde inexploré.
Quand j’avais 22 ans et que j’habitais à Lille, j’ai un jour demandé à ma mère de me faire parvenir une édition en six volumes de la gargantuesque Recherche du temps perdu. Chaque après-midi ou soirée pluvieuse fut dès lors consacrée au projet de venir à bout de ses milliers de pages. A mon grand chagrin, cette entreprise reste inachevée – à vrai dire, je n’ai pas encore réussi à aller plus loin qu’A l’ombre des jeunes filles en fleurs. Mais le fait même de lire Proust m’a transformé et donné de la confiance en moi : je suis devenu quelqu’un qui lit Proust, autant dire un homme nouveau.