LA faute d’Amiel et des frères Goncourt
28 août 2025/image%2F7030078%2F20250828%2Fob_cc9d3d_20226033lpw-20226097-article-jpg-70460.jpg)
La célèbre "faute d’Amiel et des frères Goncourt (photo ci-dessus)" désigne un usage fautif de la langue, relevé et discuté dans les milieux littéraires et par Flaubert lui-même. Elle concerne l’accord du participe passé employé avec le verbe "être" dans des phrases comme « elle s’est laissé mourir » ou « elles se sont laissé prendre » — où il faut écrire "laissé" sans "e", alors que l’usage fautif (bien que tentant) serait "laissée".
Dans leurs journaux intimes et lettres, Amiel (Henri-Frédéric Amiel) et les frères Goncourt (Edmond et Jules) ont régulièrement accordé le participe passé « laissé » avec le sujet féminin (« elle s’est laissée mourir ») alors que la règle soutenue par Flaubert et les grammairiens du XIXᵉ siècle impose « laissé » invariable.
- La faute consiste à accorder à tort le participe passé en présence d'un infinitif, alors que la grammaire exige l’invariabilité, comme dans : « elles se sont laissé convaincre ».
Origine et diffusion de la faute
Cette erreur fut signalée et critiquée par Gustave Flaubert, soucieux d'une grande précision grammaticale. Elle est restée célèbre comme un exemple d’accord fautif – et même les plus grands écrivains l’ont commise, illustrant les pièges subtils de la grammaire française.
Dans son "Dictionnaire des idées reçues", Flaubert relève et raille l'accord incorrect, et les grammaires modernes continuent de citer la "faute d’Amiel et des Goncourt" comme illustration d'un usage fautif dont il faut se garder pour une langue écrite rigoureuse.
Le terme recouvre donc une question de grammaire française qui a occupé les esprits littéraires du XIXᵉ siècle, illustrant l’obsession d’exactitude de certains auteurs et le relâchement ou l’ignorance d’autres — même parmi les plus célèbres.