La correspondance entre Gustave Flaubert et Caroline concerne principalement deux femmes importantes de sa vie : sa sœur Caroline (1824-1846) et sa nièce Caroline Commanville (1846-1931).

La correspondance la plus touchante est celle échangée avec sa sœur Caroline, surnommée affectueusement "Raton" ou "Carolo". Cette correspondance s'échelonne de 1839 jusqu'à la mort tragique de Caroline en 1846. Elle a été réunie pour la première fois de manière complète et publiée en 2017 sous le titre "Comme je m'ennuie de toi, mon pauvre rat ! (Lettres à sa sœur, 1839-1846)".

Selon Mme Commanville, "Caroline et son jeune frère s'aimaient d'une tendresse particulière. Séparés seulement par trois années, les deux enfants ne se quittaient guère". Cette communion profonde se reflète dans leurs lettres où "Caroline, dans un style aussi vivant, coloré, spontané que celui de son frère, s'emploie à le distraire dans sa vie d'étudiant exilé et malcontent".

Caroline écrivait avec une spontanéité remarquable. Dans une lettre, elle signe ainsi : "Je t'embrasse comme nous nous embrassons quand nous lisons de l'anglais et que maman jette sur nous un regard de pitié ! Bonsoir ! Embrasse bien, bien des fois, notre excellent vieux gars de Père. Ton Rat Caroline Flaubert".

Dans une autre lettre datée du 29 août, elle écrit : "Mon cher ami, nous avons été hier faire une promenade à Nesles à quatre lieues de Nogent ; j'ai fait une grande partie de la route à âne et j'en suis assez fatiguée aujourd'hui. Cependant, en somme, ton Rat est un peu plus solide".

Après la mort de sa sœur, Flaubert entretient une correspondance suivie avec Caroline Commanville (née Hamard), la fille de sa sœur défunte. Cette correspondance s'étend de 1856 à 1874 et comprend 589 feuillets conservés à la Bibliothèque de l'Institut de France. Caroline Commanville sera d'ailleurs celle qui publiera en 1887 la première édition générale de la correspondance de son oncle.

Dans une lettre de 1885, Caroline Commanville écrit : "je suis fille d'une sœur de Gustave Flaubert [...] Voilà mon vrai titre de gloire, c'est d'avoir été élevée par cet artiste si bon et si remarquable".

La correspondance de Flaubert, constituée de plus de 4 000 lettres adressées à près de 300 correspondants, est parfois considérée comme son chef-d'œuvre. Ces lettres avec les deux Caroline témoignent de l'importance des liens familiaux dans la vie de l'écrivain et de sa capacité à maintenir des relations épistolaires profondes et durables.

 

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