Par , Le Monde du 26 mai 2025.

Le désir de classifier, d’expliquer et de traduire nos mots semble inhérent au langage lui-même. Au fil des siècles, les ouvrages exhaustifs qui prennent le nom de glossaire, de dictionnaire ou d’encyclopédie répondent à des ambitions pragmatiques et politiques, pour affirmer une langue, le français.

A l’automne 2024, lorsque la neuvième édition du Dictionnaire de l’Académie française est publiée, quatre-vingt-dix ans se sont écoulés depuis l’édition précédente, en 1934. Cette lenteur dont l’institution est coutumière depuis sa fondation a suscité nombre de quolibets. Comme par le passé : en 1694, lorsque les académiciens avaient remis la première édition du dictionnaire à Louis XIV, le roi n’avait pas manqué de mentionner les soixante ans nécessaires à l’écriture du volume : « Messieurs, voici un ouvrage attendu depuis longtemps. »

Aujourd’hui, ce n’est plus seulement le temps d’élaboration du dictionnaire qui est décrié, mais ses définitions. La Ligue des droits de l’homme (LDH) a ainsi fait état de sa « stupéfaction » au sujet d’entrées qui participent, selon l’association, d’une « vision au mieux archaïque de notre monde ». L’« hétérosexualité » y est ainsi définie comme une sexualité « naturelle », impliquant ipso facto que l’homosexualité ne le serait pas, et le mot « femme » y désigne un « être humain défini par ses caractères sexuels, qui lui permettent de mettre au monde des enfants », ce qui étonne la LDH : « Faut-il en conclure qu’une femme stérile ou ménopausée n’en est pas une ? »

Voir plus : https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/05/24/l-histoire-des-dictionnaires-de-langue-francaise-de-l-impossible-inventaire-a-l-epopee-des-mots_6608178_3232.html

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