Il n'y a pas de vanité intelligente. affirmait Céline dans Le Voyage au bout de la nuit. « Vanité des vanités, avait dit bien avant lui Qohèleth. Vanité des vanités, tout est vanité ! » J’ai assez tôt adhéré à cette affirmation de l’Ecclésiaste, suffisamment pour en faire un résumé philosophique de l’existence humaine, peut-être même de la mienne… Wouter Kloek, conservateur en chef des peintures du Rijkmuseum rappelle que « Ces paroles bibliques issues de l’Eccclésiaste étaient souvent citées et constituaient le thème principal de nombreuses natures mortes. Un crâne, la flamme d’une lampe à l’huile venant juste d’être éteinte ou la fragilité d’un verre posé en équilibre instable » 

Les vanités sont un genre particulier de peinture, plus souvent des natures mortes, qui s’affirme au début du XVIIe siècle aux Pays-Bas. Voici longtemps, je me suis pris à aimer ces allégories très répandues à l’époque baroque qui symbolisent le caractère éphémère de la vie humaine. Dans ces peintures les vanités sont représentées par des objets allégoriques fortement symboliques. J’y retrouvais mes sujets de prédilection : la mort (crâne humain – j’en ai eu longtemps un vrai sur un rayon de la bibliothèque –, squelette), le temps qui passe (montre, sablier, bougies, lampes à l’huile, fleurs fanées), la vanité du savoir (livres, instruments scientifiques), la vanité des biens (argent, bijoux, pièces de collection, tableaux), la vanité du pouvoir (couronnes, sceptre, armes) ainsi que la vanité des plaisirs humains (instruments de musique, cartes à jouer, jeux, pipes, vin et mets raffinés). La bougie allumée, allégorie de la vie ou de la connaissance, le sablier, image du temps et les fleurs fanées, métaphore de la vieillesse, sont également des symboles souvent utilisés par les artistes de cette époque.

Ces œuvres sont des invitations à la méditation, même si elles « ne disent rien des moyens de dépasser cette vanité ».

 

 

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