Par Catherine Rollet-Vey

 

La cure d’une jeune fille, que j’ai appelée Ariane, et son usage singulier de l’écrit, m’a amenée à réfléchir sur la fonction de l’écriture et sur ses effets possibles, dans le temps de l’adolescence.

Ariane est à l’époque une jeune fille de seize ans. Elle est en grande difficulté scolaire et s’absente régulièrement des cours. C’est en réponse à la sollicitude interrogative de son professeur de français, qu’Ariane va lui adresser une lettre disant son mal-être tant scolaire que familial. C’est ce passage par l’écrit qui lui permet, à la fois de répondre à l’interpellation de son professeur, et de donner forme et contenu à son malaise. Recours à l’écriture quand la parole lui fait défaut. En passer par la langue écrite, avec ses règles et sa grammaire, pour donner une représentation à ce qui ne pouvait être que ressenti douloureux ou mis en acte. L’écriture pousse en effet à un travail de représentation, de symbolisation, dans cette attente de rendre lisible ce qui ne pouvait jusqu’alors se mettre en mots. Mais il ne s’agit pas, pour Ariane, de se servir de cette potentialité représentative de la langue écrite uniquement pour consigner cause et pensée qui lui semblent à l’origine de sa souffrance. Son attente est au-delà de ce souhait. Son projet est d’écrire pour être lue, de s’adresser à un lecteur potentiel.

Voir plus : https://shs.cairn.info/revue-lettre-de-l-enfance-et-de-l-adolescence-2007-3-page-81?lang=fr

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