L’Empire n’a jamais pris fin de Pacôme Thiellement propose une relecture radicale et poétique de l’histoire de France, s’inspirant d’une intuition de Philip K. Dick selon laquelle l’Empire romain ne s’est jamais vraiment dissous, mais a perduré à travers institutions et idéologies jusqu’à notre présent.

Thiellement s’appuie sur la phrase « L’Empire n’a jamais pris fin », apparaissant dans les écrits de Dick, pour bâtir un récit qui interroge le roman national français. Ce livre refuse la linéarité scolaire et critique l’uniformisation idéologique héritée du césarisme : ainsi, la domination politique et religieuse se perpétue par les mutations successives du pouvoir – des rois mérovingiens et carolingiens au christianisme, puis aux institutions contemporaines. Thiellement esquisse ici une histoire alternative, à la croisée de la science-fiction, du gnosticisme et de la poésie.

Le récit se veut une quête d’émancipation, un voyage à travers les résistances qui ont défié l’Empire tout au long des siècles : catharisme et utopies, peuple révolté, poètes visionnaires, « sans rois » ou régicides. Simone Weil, par exemple, inspire Thiellement dans sa critique de la propagande et du patriotisme qui accompagne les nouvelles formes de domination. La France apparaît comme un territoire occupé depuis l’origine, « née occupée, toujours occupée », lui aussi traversé par des luttes de libération, d’échec et d’espoir.

L’écriture mêle références historiques, littéraires et philosophiques. Thiellement ne prétend pas du tout être historien, mais il réinvente l’histoire à la lumière des vaincus, des marginaux, des mystiques. L’ambition du livre n’est pas de garantir une vérité factuelle, mais d’élargir notre perception du passé et d’interroger le présent à partir des fantômes persistants de l’Empire.

Le texte s’adresse avant tout à ceux qui souhaitent une lecture engagée et poétique des événements, loin du roman national trop consensuel. Il déconstruit une propagande historique affligeante pour lui substituer le récit des exclus, des résistants et des poètes, tout en assumant honnêtement une part de fiction et de subjectivité. L’ouvrage mêle érudition et subversion, et se place à la frontière de l’essai, du conte et du manifeste.

L’Empire n’a jamais pris fin nous propose une méditation historique et philosophique audacieuse. Dans cet espace, l’histoire de France se lit sous l’angle de la résistance perpétuelle à la domination et à l’uniformisation du monde. Il était temps…


 

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