Voici environ une dizaine d’années, j’ai ouvert un compte Facebook. Il le fallait pour prendre connaissance d’un document que ma fille devait m’envoyer. À vrai dire, je me suis à peine servi de ce moyen de communication ; de même pour Twitter, dont je ne sais même pas comment « cette chose » s’utilise. À ce propos, j’accepte d’être pris pour un attardé, bien que j’aie acquis mon premier Mac en 1990.

Plus le temps passait, plus je voyais les ravages de ces inventions. Je reçois énormément d’invitations à prendre connaissance d’interventions d’amis ou de connaissances sur Facebook. Je m’en garde bien, car je fuis comme la peste ces deux monstres engendrés par le Web, tout en m’étonnant que mes amis ou relations n’aient pas encore quitté cette diablerie.

D’une certaine manière, le réseaux ont littéralement révolutionné les relations humaines, puisque tout un chacun peut y manifester ses intérêts, ses frustrations, ses peurs, ses envies, ses joies, ses jalousies, ses haines, etc. Il en résulte une profusion d’informations sans intérêt, parfois nocives, souvent dangereuses. On a constaté les dégâts qu’a pu faire l’irrépressible délirant Donald Trump avec Twitter… Comme le notait en son temps Paul-Louis Courier : " On écrit aujourd'hui assez ordinairement sur les choses qu'on entend le moins. Il n’y a si petit écolier qui ne s'érige en docteur.  À voir ce qui s'imprime tous les jours, on dirait que chacun se croit oblgé de faire preuve d'ignorance1."  Comme quoi, l’internet n’a fait qu’amplifier un phénomène propre aux humains.

Cet internet devient ainsi une place publique où pullulent dénonciations, informations privées, vengeances pornographiques (revenge porn) ou lynchages filmés (happy slapping). Les auteurs de ces mises en ligne se posent en justiciers. Procureurs et avocats auto-proclamés, ils s’approprient ainsi les pouvoirs de la justice qu’ils bousculent et court-circuitent. Ces pratiques sont regroupées sous l’appellation « doxing » ou « doxxing ». D’après Wikipédia, « Le terme vient soit du verbe anglais to document, qui signifie « fournir des preuves », soit de docs, pluriel de doc, abréviation de document ».

Facebook, cette société américaine créée en 2004 par Mark Zuckerberg, ne constitue donc pas un facteur de progrès. Au  contraire, il s’apparente à un vecteur de désordre civilisationnel. Les liens qu’entretient Zuckerberg avec Trump confirment cette hypothèse. De même que le comportement incivique des membres du Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, et Microsoft) qui cherchent, et parviennent, à payer le moins d’impôts possible sur toute la planète. À leur décharge, je constate que cet état d’esprit est inhérent au capitalisme. Leur dimension économique rend seulement plus visible leur incivisme, ; leur dévouement au bien commun des nations ne figurant manifestement pas parmi leurs préoccupations.

 

[1] Lettre de Paul-Louis Courier du 11 mai 1810 à Antoine-Augustin Renouard, imprimeur libraire.

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