Article du magazine Books. Extraits présentés par Philippe Lejeune. Pages 30 à 31.

 

 

 

En 1803, pendant trois mois, Benjamin Constant a tenu un journal… d’hésitation : devait-il ou non, pour échapper à la tyrannie de Mme de Staël, sa maîtresse, épouser Amélie Fabri, une jeune femme de 31 ans, pimpante, vive, gaie, mais, selon lui, très bête ? Au bout de trois mois, il nous dit jeter l’éponge et renoncer. Ce journal, qui se lit comme un petit roman, intitulé Amélie et Germaine, a été publié un siècle et demi plus tard, en 1952. Mais la jeune femme était-elle vraiment bête ? Il y a eu, depuis, une réponse de la bergère au berger : car Amélie, elle aussi, on vient de le découvrir, a tenu un journal ! Un journal pas si bête que cela, et même tout à fait intelligent et sensible. Il est rédigé sur un bel album, mais elle se sert aussi des cartes d’invitation reçues pour y faire le récit de la soirée correspondante. Sous l’apparence d’une chronique de sa vie mondaine, Amélie suit le fil de sa vie sentimentale : c’est l’histoire déchirante de son amour impossible pour un jeune homme de 20 ans, Jean-Jacques de Sellon, le petit frère de ses meilleures amies. Si psychologue qu’il fût, Benjamin n’a pas su deviner son secret. Elle, en revanche, suit avec amusement ses manœuvres qu’il croit habiles, et nous révèle que, s’il a jeté l’éponge, c’est qu’elle l’a, gentiment mais fermement, envoyé promener. 

Lire la suite : https://shs.cairn.info/magazine-books-2013-7-page-30?lang=fr

_____________

LE LIVRE > Amélie et Germaine, in Ma vie, Amélie et Germaine, Cécile, Honoré Champion, 1989 (1803), 232 p. 
L’auteur > Benjamin Constant, homme politique et écrivain d’origine suisse. Opposé à Napoléon, il devint chef du parti libéral sous la Restauration. Sa liaison avec Germaine de Staël dura de 1794 à 1808.

Retour à l'accueil