Fake news au couvent.
01 avr. 2025Par Andrej Abplanalp. Historien et chef de la communication du Musée national suisse.
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Les textes étaient parfois stylisés dans le monastère. (Wikimedia)
Donald Trump aura plus associé son nom aux fake news, ces contrevérités de l’ère numérique, qu’aucun autre avant lui. Rumeurs, exagérations ou déformations ne sont pourtant pas des nouveautés.
Les « livres des sœurs » ont fait partie de la vie quotidienne des religieuses dès le XIVe siècle, surtout dans les couvents dominicains. Rédigés le plus souvent par quelques rares moniales, ils servaient de guides à la communauté, et notamment aux novices. Mais ces textes étaient souvent dénaturés au prétexte qu’ils devaient indiquer l’exemple à suivre. La censure non plus n’est pas nouvelle. Les écrits d’Elsbeth von Oye furent ainsi édulcorés en maints endroits, car elle y décrit la volonté de souffrance des religieuses du couvent d’Oetenbach, dans le canton Zürich, qui se flagellaient dès leur plus jeune âge pour connaître des supplices semblables à ceux du Christ. Son texte, qui prend la forme d’un journal intime, était parfois très dérangeant et souleva des doutes dans la hiérarchie de l’ordre. À tel point que certains passages furent supprimés.
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