Espaces de l’intime : l’humanité vagabonde chez John Millington Synge et Samuel Beckett
06 avr. 2025/image%2F7030078%2F20250406%2Fob_b57b4d_200puc009-img01.jpg)
Ce travail interroge la possibilité de mettre à jour des modes de révélation scénique de l’intime dans The Well of the Saints (1905) de John Millington Synge, et dans En attendant Godot (1952), Fin de partie (1957) et Breath (1970) de Samuel Beckett. Il s’attachera à montrer en quoi la radicalisation des thèmes de la dramaturgie de Synge dans l’œuvre de Beckett coïncide avec une évolution de la représentation scénique de l’intime, de ce lieu caché, gardé secret, et ancré au cœur de l’humain. Synge met en effet en scène un couple de vagabonds aveugles, en marge d’une société donnée, objet de curiosité du village. Beckett, quant à lui, opère un resserrement de focale sur la dimension tragique et burlesque de la condition humaine qu’il représente, comme Synge par la figure des vagabonds immobiles et des personnages clochardisés. Si Martin et Mary Doul décident, à l’issue de The Well of the Saints, de prendre un nouveau départ, dans En attendant Godot, Vladimir et Estragon perdent la valeur performative du langage en ne joignant pas l’action aux mots1 ; dans Fin de partie, le couple est clochardisé et mis à la poubelle ; une respiration et deux cris sont les ultimes éléments humains qui perdurent dans Breath. Beckett radicalise l’errance et le dénuement déjà présents dans le théâtre de Synge.
Lire la suite : https://books.openedition.org/puc/876?lang=fr