C’est à coup sûr un document hors du commun que Mélanie Traversier a mis à la disposition des historiens. La reine Marie-Caroline de Naples est bien connue des spécialistes de l’Italie méridionale et de l’ère napoléonienne comme une souveraine qui a eu vocation à se mêler de politique : à vrai dire, si les circonstances y ont aidé (Charles III de Bourbon étant passé en Espagne, la couronne de Naples échut à Ferdinand, qu’elle avait épousé en 1767 et qui n’avait aucune disposition pour un métier de roi auquel il n’était pas destiné), cela figurait noir sur blanc dans une clause du contrat de mariage voulue par sa mère, l’impératrice Marie-Thérèse, stipulant que dès la naissance du premier héritier mâle (elle survint en 1775), elle pourrait avoir une part dans les affaires de l’État. Elle prit cette part, au point d’y devenir prépondérante, entraînant le royaume dans un jeu d’influences entre Angleterre et Russie puis dans une lutte impitoyable avec la France révolutionnaire et napoléonienne qui la changea en figure haineuse de la Contre-Révolution et qui lui valut de devoir abandonner deux fois sa capitale, en 1799 et en 1806, pour aller trouver refuge à Palerme.

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Mélanie Traversier (éd.), Le journal d’une reine. Marie-Caroline de Naples dans l’Italie des Lumières
Paris, Champ Vallon, 2017, 645 p.
Nicolas Bourguinat
Référence(s) :

Mélanie Traversier (éd.), Le journal d’une reine. Marie-Caroline de Naples dans l’Italie des Lumières, Paris, Champ Vallon, 2017, 645 p.

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