Relire aujourd’hui « Journal d’un curé de campagne » ,  est-ce un anachronisme ? Une provocation ? Un paradoxe ?  Une vieillerie sortie du grenier catho ? Je ne crois pas. Qu’on soit croyant ou non, le texte frappe par sa sincérité nue, quelque chose d’écorché et d’ardent. L’image d’un homme jeune, se débattant dans la solitude et allant vers sa mort en essayant de lutter contre la déchristianisation d’un humble village pluvieux de l’Artois est très puissante.

Ce village Ambricourt est semble-t-il définitivement gagné par l’indifférence ou l’hostilité.  Pour supporter son chemin de croix, un jeune prêtre inexpérimenté va tenir son journal dans un cahier d’écolier, éclairé par un cierge, faute de budget pour les bougies parfumées. Le jeune curé frais sorti du séminaire   nous fait partager   son combat contre une paroisse en train de mourir. Ce journal intime(destiné-détail important-  à disparaitre) nous fait parfois pénétrer dans  une véritable nuit d’une âme . Le prêtre ne cache rien de ses découragements,  de sa détresse,  de ses erreurs. 

Comment parler du Christ à des habitants qui se réfugient souvent dans l’alcool, les ragots, et ne manifestent que de l’indifférence ou des sarcasmes.   Car l’indifférence et l’ennui règnent. Mais ce qui frappe le plus dans ce journal, c’est qu’on entend une voix  si proche, tenace, ardente, blessée,  désemparée,  perçante, écorchée, lumineuse , tantôt lucide,  souvent dépassée.

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