Selon les circonstances ou mon état d’esprit du moment, l’argent que je recevais pour donner à la quête lors de la messe du dimanche connaissait trois destinations. Un petit prélèvement sur cette modeste somme était toujours bon à prendre, ce larcin me permettant d’acheter des rouleaux de réglisse. Si j’étais dans un bon jour ou si la crainte d’un châtiment divin me prenait, je me donnais bonne conscience en versant la totalité de l’obole dans le petit sac de velours où je glissais mes pièces. Mal disposé ou révolté par des exigences de mon entourage (parents, abbé, voisins, enseignants, camarades de classe ou de jeu), je me contentais de glisser deux ou trois boutons prélevés dans la boîte à couture maternelle, en essayant qu’ils fassent un maximum de bruit afin d’être identifiés comme sonnants et trébuchants. Ces jours-là, j’améliorais l’ordinaire en complétant les rouleaux de réglisse par des cigarettes en chocolat.

Plus tard, après avoir fait une croix sur la religion catholique vers laquelle je ne devais jamais revenir, je me suis mis en quête du sens à donner à ma vie. J’ai agi par tâtonnements. C’est ainsi que je suis allé vers la théosophie, puis j’ai été initié par un beau dimanche d’été comme chevalier des Compagnons du roi Arthur… une histoire abracadabrantesque ! Je ne suis d’ailleurs pas certain du nom exact de ceux qui m’adoubèrent.

Je ne savais pas encore que l’éveil correspondait à une notion spirituelle orientale comme le bouddhisme ou l’hindouisme mais, inconsciemment, je cherchais à connaître ma vraie nature et comment en tirer le meilleur parti. Un travail colossal s’il en est ! Plus tard, les stages, cours et séminaires de développement personnel auxquels j’ai participé des années durant allaient m’y aider. C’est ainsi, grâce à ces quêtes multiples, que je me suis installé dans une spiritualité un peu fruste, mais sans religion.

 

 

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