On ne reconnaît que rarement les grands auteurs contemporains. Gide a refusé d’éditer Proust. » explique Michel Serres[1]. C’est vrai. Proust a dû éditer son premier livre à compte d’auteur.

De lui, j’ai lu seulement À l'ombre des jeunes filles en fleurs, le deuxième tome de À la recherche du temps perdu. Mais Albertine, Andrée, Rosemonde, malgré leur intérêt respectif, n’ont guère retenu mon attention. Lu trop tôt ? À moins que le milieu décrit me fût trop étranger (étrange ?).

Je suis néanmoins un admirateur inconditionnel du style proustien. Ses phrases m’ont toujours fait rêver et j’aurais aimé écrire les mêmes… ou du moins de semblables. Proust a écrit par ailleurs un court ouvrage Sur la lecture, dont je raffole… et que je relis régulièrement avec grand plaisir grâce à La Bibliothèque électronique du Québec [2]

En 2018, au mois d’août, notre fille nous emmène à Cabourg. Elle a retenu deux chambres communicantes avec une magnifique vue sur la mer. La sienne est dotée d’une vaste terrasse d’où nous regarderons le superbe feu d’artifice du 15 août qui fera applaudir notre petit-fils de joie et d’extase. Ce n’est pas la chambre 414 que Proust occupa sept années durant à raison de deux mois à chaque fois. Mais c’est magnifique. En 2019, nous n’avons pas eu la même belle suite que l’an passé, mais nous nous rapprochons de la 414 puisque nous étions logés dans les chambres 416 et 417…

Pour celles et ceux que cela intéresse, voici un conseil d'écriture  de Jean–Yves Tadié, éminent spécialiste de Marcel Proust (interview du journal La Croix, 17 octobre 2013) : « Pour que la phrase soit « proustienne » il faut qu'elle soit construite à la manière latine, c'est–à–dire structurée, qu'elle comporte des images poétiques, des éléments comiques et des éléments de connaissance. Y parvenir n'est pas aisé. La longueur des phrases n'a rien à voir avec le style proustien. On trouve chez lui de très belles phrases courtes, dont certaines ressemblent à des maximes du XVIIe siècle. » Qui ne tente rien n'a rien. À vos crayons, feutres, pinceaux, plumes de canard, d’oie, de corbeau ou de coq de bruyère, stylos  à bille ou à plumes (ou ordinateurs).

 

[1] Michel Serres, interview Le Monde, 10 août 2018.

[2] Collection À tous les vents. Volume 401 : version 1.02.

 

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