Tædium vitae… Sénèque est peut-être à l’origine de ce concept bien connu des Romains. Ce mal de vivre, ce dégoût de la vie, demeure malheureusement d’actualité. Car notre époque se vit mal. Trop de menaces pèsent sur elle, qu’elle les identifie correctement ou non. Ce dégoût de la vie marque tous les continents et toutes les nations, même si le degré d’ennui existentiel varie selon les latitudes. L'actualité mondiale n'augure en effet rien de bon. Depuis 2014, la Russie a enclanché la troisième guerre mondiale en envahissant la région du Donbass appartenant à l'Ukraine (région composée des oblasts de Donetsk et de Louhansk) et en annexant la Crimée. Puis le 22 février 2022, elle a voulu parfaire son entreprise de destruction en envahissant cette fois massivement le pays. L'échec militaire est flagrant. Mais avec le concours de Trump, il n'est pas exclu que Poutine finisse par triompher.

Le déclin du capitalisme, dont on pressent qu’il n’y a rien de positif pour lui succéder, provoque la vision apocalyptique répandue par les plus pessimistes. C’est ce contre quoi se battit Sénèque, alors que les Romains succombaient collectivement à cette crise intérieure indéfinissable. De nos jours, les meilleurs esprits nous proposent à profusion des explications, commentaires, analyses et éclaircissements qui ne guérissent rien et, souvent, jettent plutôt de l’huile sur le feu de la désespérance commune. Parallèlement à la progression d’un populisme d’extrême droite digne de Hitler et de Mussolini (Trump, Orban, Erdogan, Balsano, Poutine, Xi Jinping, Modi, Kaczyński...), le retour réactionnaire du religieux et de l’obscurantisme concourt – avec le succès croissant du capitalisme financier – à cette atmosphère délétère et néfaste.

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