Par Paul Edel, mars 16, 2025. 

Publié à paris en 1953, soit 12 ans, après le suicide de Virginia , ce « Journal d’un écrivain »,malgré ses coupes, à l’époque, reste le document capital pour comprendre la singularité , la nature et les sources de l’art woolfien.

Je l’ai lu en 10/18 dans une traduction assez ancienne de Germaine Beaumont.Il paraît que la nouvelle traduction est supérieure . Cependant, lu d’une traite avec un infini plaisir, ce « Journal » permet de mieux comprendre les enjeux, les buts, les soucis ,les batailles de l’écrivaine (j’ai du mal avec ce mot..) avec les mots et ses personnages, car nous sommes dans son atelier, et nous voyons son processus de création de près. Elle ne cache rien de ses moments d’oppression, de doute, mais aussi ses enthousiasmes. Mais le fond du texte, son originalité c’est le dialogue de cette femme avec elle-même, les fantômes qui l’habitent, ses anxiétés, son perfectionnisme, son honnêteté morale, et la manière dont elle tient à distance une dépression qui la guette, survient, lui cause des insomnies et des migraines, et qu’elle combat par l’imaginaire, c’est à dire l’écriture. Eklle ne cache jamais aussi quécvrire lui permet de liquider son passé.Le 28 novelbre 1928,elle écrit: « Anniversaire de Père.il aurait eu quatre-vingt-seize ans,oui, quatre-vingt-seize ans comme d’autres personne que l’on a connues.Mais Dieu merci il ne les a pas eus. Sa vie aurait absorbé toue la mienne. Que serait-il arrivé ? Je n’aurais rien écrit ,pas un seul livre.Inconcevable.Je pensais chaque jour à lui, à Mère, mais « la promenade au phare » les a ensevelis dans mon esprit(..) Il revient maintenant,mais davantage comme un contemporain. »

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