Quelle terre laisserons–nous à nos enfants ? se demandait déjà Barry Commoner aux États–Unis en 1966. Auparavant, sa compatriote Rachel Carson dans Printemps silencieux (1962) avait permis au grand public de prendre conscience de l’effet négatif des pesticides sur les oiseaux et l’environnement en général[1]. Depuis la notion de défense de la nature a fait des progrès et l’écologie est devenue une préoccupation politique. Mais bien insuffisamment. L’avenir de la planète se présente incertain. Les lobbies économiques ont gagné sur presque tous les tableaux, achetant sans vergogne certains scientifiques et personnels politiques. La montée en force des climato-sceptiques augure mal de l’avenir où l’obscurantisme risque de se généraliser à toute la planète. « Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. Mais en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue. » : c’est Einstein qui l’aurait dit.

Premier accord universel sur le climat, l’Accord de Paris (2015) à peine entré en vigueur en novembre 2016 a été récusé par les États–Unis. Qui l’avaient pourtant signé avec 194 autres nations. Or, la Terre est menacée notamment par le réchauffement climatique, la déforestation des zones tropicales, la stagnation de la production agricole, l’épuisement des réserves de poissons, la dissémination des produits phytosanitaires et toxiques[2], la réduction de la biodiversité, la pénurie d'eau douce, la fonte des glaciers (la liste peut aisément être allongée).

L’avenir de la planète, celui des civilisations actuelles, me paraît donc plutôt sombre. Effet de l‘âge ? Possible. Mais comment être optimiste devant cette dégradation permanente de l’environnement, devant la montée de l’intégrisme religieux (toutes confessions confondues), devant le boomerang obscurantiste qui nous revient du Moyen Âge et de la fin du XVIe siècle, porté par les évangéliques américains (un menace finalement peut-être plus insidieuse que l’islamisme)  ? D’autant, comme le notait Pierre Bourdieu, que « L'obscurantisme est revenu mais cette fois, nous avons affaire à des gens qui se recommandent de la raison. Face à cela, on ne peut pas se taire. » Il y a en effet un double levier en action : les religions (toujours) et le politique (en plus).

 

1] « Les produits phytosanitaires sont extrêmement toxiques et leur utilisation répétée présente un risque pour les agriculteurs. Ainsi, ils seraient à l’origine de troubles de la fertilité, de dommages cérébraux et favoriseraient le développement de certains cancers. » Géo 27/01/2017.

[2] Propos recueillis par Isabelle Rüf, pour l'émission de Lison Méric Fin de siècle du 31/01/1999. Reproduit in Le Temps, 25/01/2002.

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