Bagatelles pour mon journal : circoncision et excision
17 mars 2025
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Depuis toujours, j’ai été hostile à la circoncision, pratique religieuse (juive, musulmane, voire chrétienne en Orient) ou tribale. J’y voyais une atteinte aux droits fondamentaux de l’enfant, tout comme le baptême chez les catholiques, qui impose une religion aux bébés sans le consentement, et encore moins la compréhension de l’intéressé[1]. Sur le plan physique, cette mutilation est plutôt bénigne, sauf si on la réalise sans anesthésie, mais il n’est pas exclu que j’y voyais aussi une atteinte à l’intégrité physique du garçon. Elle n’a rien à voir cependant avec la redoutable et mutilante excision des filles et des femmes[2].
Dans le Nouveau Testament, un seul des quatre évangélistes évoque la circoncision de Jésus, le « roi des juifs », au « huitième jour ». Il s’agit de Luc (II, 21) : « Et lorsque furent accomplis les huit jours pour sa circoncision, il fut appelé du nom de Jésus, nom indiqué par l’ange avant sa conception. » Par ailleurs, une lettre de Paul de Tarse (Colossiens II, 11) fait aussi allusion, dans le cadre d’un développement théologique, à la « circoncision du Christ ».
« Au-delà de leur aspect utilitaire, circoncision et excision présentent une forte dimension symbolique. Il s’agit de « séparer ce qui se trouvait mêlé », explique l’ethnologue Françoise Gründ dans son livre Le Corps et le sacré (Chêne, 2003). Le retrait du clitoris est, en effet, vu comme l’ablation de la partie mâle et érectile chez la femme, tandis que la circoncision consiste à amputer l’homme de sa partie femelle, molle et humide.3»
La tendance actuelle va plutôt dans le sens de l’interdiction, du moins dans certains pays européens. Ainsi, fin juin 2018, le Danemark envisageait une telle proscription. Les Juifs danois menaçaient même de partir… Bonne nouvelle : en Allemagne, à Cologne, un tribunal a considéré en 2012 que la circoncision religieuse « porte atteinte à l’intégrité physique de l’enfant ».
À la réflexion, je pense que je condamne peut-être un peu vite ces pratiques qui me paraissent barbares. Mon regard n’est-il pas exclusivement et subjectivement celui d’un « Occidental » ?
[1] Lætitia a organisé les baptêmes républicains (ou baptêmes civils) de Joshua et Esther. Cette cérémonie n’a ni caractère religieux ni caractère juridique. C’est l’occasion de rappeler les valeurs républicaines.
[2] La clitoridectomie, l’excision et l’infibulation sont, entre autres, les noms qu’englobent les pratiques des Mutilations génitales féminines (MGF).
3 Auréllie Godefroy, hors-série n° 30 du Monde des religions, « Le corps et le sacré », juillet-août 2018.