Par Pierre Tenne. 28 juillet 2020.
L’ouvrage de Marc Abélès promet une analyse anthropologique de la politique française des cinquante dernières années, qu’il ne réalise qu’en partie. Ses Carnets d’un anthropologue présentent pourtant un témoignage souvent captivant sur ce demi-siècle, tout en rappelant l’actualité des travaux anthropologiques de l’auteur qui interpellent avec force les événements politiques récents, de Nuit debout aux Gilets jaunes.

L’anthropologue Marc Abélès © DRFP

Tout le problème que pose ce livre tient dans son titre. L’image des carnets de l’anthropologue fait surgir celle d’une d’un scientifique noircissant ses carnets sous la dictée disciplinée d’une méthodologie et d’une éthique universitaire, comme un chimiste avec son erlenmeyer. Le titre fonctionne comme contrat : par métonymie, le carnet crée l’attente d’une analyse anthropologique du demi-siècle politique qui sépare Mai 68 des Gilets jaunes. Et qui serait mieux placé que Marc Abélès pour rédiger ces carnets, lui qui fut pionnier d’une anthropologie politique consacrée aussi bien à l’Éthiopie (Le lieu du politique, Société d’ethnologie, 1983) qu’aux départements français (Jours tranquilles en 89, Odile Jacob, 1989) ou à l’Assemblée nationale et au Parlement européen ?

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Marc Abélès, Carnets d’un anthropologue. De Mai 68 aux Gilets jaunes. Odile Jacob, 240 p., 23,90 €

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