Récits de voyages en «terre humaine». Plus de deux cents journaux intimes exposés à Lyon en 1997
15 févr. 2025/image%2F7030078%2F20250215%2Fob_bd0cf0_image.jpg)
Exposer l'intime» n'est jamais évident. Philippe Lejeune, auteur de plusieurs ouvrages sur les journaux intimes, a pourtant entrepris de dévoiler ces cahiers que l'on cache ordinairement. A l'initiative de l'exposition «Un journal à soi», il a passé un an à en réunir 250. Certains proviennent de bibliothèques, d'autres d'associations comme l'APA (Association pour l'autobiographie et le patrimoine autobiographique), mais les trois cinquièmes ont été directement prêtés par les diaristes ou par leurs familles. Le choix des pages à montrer n'a pas été le plus simple. «Les personnes vivantes ont elles-mêmes choisi la page de leur cahier.» Dans tous les cas, la pudeur s'est manifestement imposée. Les morceaux choisis sont forts certes, mais le plus dur a été évacué. Pour Philippe Lejeune, «l'insoutenable suscite une émotion trop forte pour être éprouvée en public. Nous n'avons pas cherché à l'éviter, mais à la limiter.» Il y avait en effet un sacré risque que cette «exhibition de l'intime» ne devienne un «magasin de curiosités» qui ferait appel avant tout au voyeurisme. Pour l'éviter, le catalogue conseille de visiter en faisant en soi «le vide» en n'étant «plus qu'écoute».