La correspondance entre le fondateur de la psychanalyse et son introductrice en France paraît enfin, témoignant crûment des préoccupations sexuelles de la princesse, mais surtout d’une exceptionnelle amitié.

Par Elisabeth Roudinesco (Historienne et collaboratrice du « Monde des livres »). Publié le 26 octobre 2022.

La publication de cette correspondance était attendue depuis longtemps par les historiens de la psychanalyse, curieux de connaître les détails de la cure et du rôle de Marie Bonaparte (1882-1962), cette femme si singulière, dont les lettres, alliées à celles de Freud, sont une œuvre à part entière. Tout au long de ces 885 lettres – 578 de Marie Bonaparte, en français d’abord, puis en allemand, 307 de Sigmund Freud (1856-1939), toutes en allemand, sauf rares exceptions –, on découvre enfin ce qu’a été l’amitié exceptionnelle entre l’arrière-petite-nièce de Napoléon, qui a joué un rôle central dans l’implantation de la psychanalyse en France, et le fondateur de la discipline. En 1925, quand elle le rencontre à Vienne, il est déjà atteint de son cancer de la mâchoire, qui lui fera souffrir le martyre jusqu’à sa mort, alors que le « monde d’hier » – le sien –, ­selon la formule de Stefan Zweig, est livré au chaos : montée du nazisme, du fascisme et du stalinisme, destruction de l’Europe centrale, berceau du freudisme.

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« Correspondance intégrale. 1925-1939 », de Marie Bonaparte et Sigmund Freud, traduit de l’allemand par Olivier Mannoni, édité par Rémy Amouroux, Flammarion, 1 118 p., 42 €, numérique 29 €.

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