Les écrits du for privé, une source pour l’histoire de la noblesse à l’époque moderne. Un objet historique mal identifié une fortune historiographique variable
Le 1er janvier 1774, le premier président au Parlement de Lorraine prenait la plume pour coucher sur le papier les événements qui devaient émailler son existence durant les quinze années à suivre, explicitant de fait, pour les historiens d’aujourd’hui, le quotidien d’un noble robin à la fin de l’Ancien Régime. On imagine dès lors le plaisir du chercheur qui découvre ce type de manuscrits, que l’on a longtemps cru très rare. Mais la multiplication des publications, réalisées en ordre dispersé, à la faveur de découvertes fortuites, a tôt disqualifié l’idée que ces documents étaient rares. Ces « rêves d’historiens devenus réalités », selon l’expression de Daniel Roche, étaient en fait nombreux, prouvant que l’aspiration biographique de la société française était bien plus forte qu’on ne l’avait soupçonné.