Le livre des Chroniques comme œuvre littéraire traduit un même processus vivant de l’écriture dans ses exégèses savamment construites sur des textes antérieurs
12 févr. 2025Pages 525 à 553.
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Longtemps considéré sous le seul angle historique [1], le livre des Chroniques apparaissait comme de piètre fiabilité par rapport au récit parallèle des livres de Samuel et Rois, tenu en plus haute estime [2]. Depuis, le regard porté a grandement évolué, et, loin de tout débat stérile, le livre a retrouvé sa consistance propre comme œuvre littéraire et théologique, témoin essentiel du Judaïsme postexilique [3] et des évolutions liturgiques du Second Temple [4]. Deux facteurs principaux ont contribué à cette réévaluation du livre lui-même, une meilleure compréhension des règles propres à toute historiographie antique [5], et un regard plus attentif porté sur l’art d’écrire en général [6], ou sur des procédures propres au livre des Chroniques [7]. À n’en pas douter non plus, ce nouvel intérêt va de pair avec la redécouverte récente de l’importance de l’époque perse dans l’émergence de l’écriture biblique. Josette Elayi et Jean Sapin viennent d’en dresser un premier bilan exhaustif [8].
De manière plus modeste, dans le sillage de « l’art du récit biblique » de Robert Alter, nous aimerions à notre tour faire ressortir la richesse et la variété des precédés d’écriture qui font du livre des Chroniques une œuvre littéraire véritable. De fait, une récente expérience de traducteur nous a convaincu, si besoin était, de la beauté d’un livre trop souvent méconnu.
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