Journal intime d'un délirant. Parallèlement, notre malade a rédigé plusieurs cahiers, intitulés « Notes, Observations, Pensées, Hygiène mentale »
12 févr. 2025Par J. DELAY, T. LEMPERIÈRE, PH. BENOIT, et S. LECLAIRE.
L’auto-observation de notre malade Robert L. illustre l’importance que peut prendre l’étude du « journal intime » dans la psychopathologie des délires. Elle tire son intérêt de la personnalité du sujet, instituteur de 42 ans, doué d’une vive intelligence et d’une grande culture, capable de s’analyser avec minutie. Pendant quatre années, de 1950 à 1954, il a noté presque journellement ses états d’âme et ses impressions. À côté des faits banaux de sa vie familiale et professionnelle il a consigné ses inquiétudes et ses angoisses devant un univers devenu progressivement menaçant et incompréhensible. Il a noté la survenue de faits étranges, de coïncidences curieuses, de pensées obsédantes, de rêves chargés de signification, essayant à chaque instant de s’en donner une explication rassurante et satisfaisante. Nous pouvons suivre ainsi la progression du délire, son travail de remaniement, ses enrichissements sous l’influence d’états anxieux ou oniroïdes, d’hallucinations cénesthésiques, d’épisodes dépressifs.
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