Christine Vidal Université de Lille.

La pratique du journal personnel (riji 日記) en Chine à l’époque contemporaine vient prolonger une tradition multiséculaire. Le fait majeur, à partir du début du XXe siècle, c’est sa diffusion progressive dans des milieux sociaux variés. Cette diffusion résulte de multiples facteurs, au premier rang desquels figurent les progrès de l’alphabétisation, l’affirmation de l’individu, mais aussi les incitations des autorités qui dans les écoles, les casernes ou même les administrations ont cherché à promouvoir la tenue de journaux. Spontanée ou suscitée, cette forme d’écriture qui se présente sur le plan formel comme une « série de traces datées »1 - fut, dans tous les cas, beaucoup plus répandue qu’on ne le pense souvent, y compris après l’accession au pouvoir du Parti communiste en 1949. Pour l’historien, ces écrits à la première personne qui enregistrent au fil des jours et dans l’ignorance absolue du lendemain toutes sortes de notations sur le diariste lui-même, le monde qui l’entoure, et les événements dont il est témoin ou partie prenante, constituent une source inestimable pour la connaissance et la compréhension du passé.

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