Par Marie Étienne. 24 mai 2022.

Si l’on s’en tient au Journal, par ailleurs magnifique, de Catherine Pozzi, on n’aura pas une bonne opinion de Jeannie Gobillard. Et pour cause : celle-là souhaitait supplanter celle-ci auprès de Paul Valéry. Aussi la dépeint-elle comme une femme au foyer dénuée d’envergure, qui contraint son mari à fréquenter une société mondaine des plus superficielles et le fait vivre dans une ambiance et un appartement peu propices au travail littéraire. Mais la publication d’Eurêka permet de changer cette image. 

« Portrait de Jeannie au piano et Paule l’écoutant » par Julie Manet © Christian Baraja SLB (avec l’aimable autorisation du Musée Marmottan Monet) 

Les souvenirs et le journal de Jeannie Gobillard, jusqu’alors inédits, sont une révélation, pour ce qui la concerne, et parce qu’ils font revivre la société de son milieu, constituée des grands noms de l’art de cette époque. Souvenirs et journal gravitent essentiellement autour de Paul Valéry, le fiancé puis le mari bien-aimé. Et le cahier qui les complète propose à ses lecteurs des notes substantielles sur la vie de la jeune femme.

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Jeannie Gobillard-Valéry, Eurêka. Souvenirs et journal (1894-1901). Édition établie par Marianne Mathieu avec la collaboration de Claire Gooden. Musée Marmottan Monet/éd. des Cendres, 250 p., 36 €
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