La littérature commence avec la rature, on le sait : chez Flaubert, les « affres du style » ont laissé des traces. Peu raturés, ses carnets se situent en deçà du travail sur la langue et de la rédaction. Ils sont bien nommés carnets de notes, notes de voyages ou notes littéraires. Les premiers, onze au total, de petite taille, trouvent place dans le sac, depuis l’Italie en 1845 jusqu’à Carthage en 1858, en passant par la Bretagne en 1847 et surtout l’Orient entre 1849 et 1851 ; les choses vues et ressenties sur la route sont capturées « sur le vif » (Roland Barthes), au crayon à papier avant d’être le plus souvent repassées à l’encre au retour, et parfois de servir à la rédaction d’un récit de voyage. Les seconds présentent des formats, des durées d’utilisation et des fonctions disparates : grands carnets d’idées, de pensées, de scénarios et de projets à longs termes, rangés à portée de main et rédigés confortablement à l’encre…

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