Au Moyen Age déjà, une épidémie de faits falsifiés
06 févr. 2025Par Marie Dejoux.
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Dans « Forger le faux », Paul Bertrand décrit la multiplication des « forgeries » au XII siècle et le début de la longue lutte contre celles-ci e part d’un parallèle surprenant, établi par le médiéviste Paul Bertrand à l’université de Princeton (New Jersey) en 2019, sous le premier mandat de Donald Trump, qui, comme l’actuel, avait conduit à une diusion massive de fake news. L’enthousiasme face à la révolution numérique en cours était terni par ce mal dont on découvrait le nom : la post-vérité. Or, une première s’était déjà déclarée en Occident au XII siècle. Des falsications de documents – des « forgeries » – avaient bien sûr été produites avant, comme la célèbre donation de Constantin, vers le IX siècle, qui prétendait que l’empereur avait concédé au pape, en 315, le pouvoir temporel et spirituel sur Rome et l’Occident. Mais au XII siècle, les faux se mettent à pulluler.
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Le XII siècle apparaît dès lors comme un moment de ottement, entre explosion du nombre d’écrits produits, . Paul Bertand a donc raison : il ressemble en diable à notre XXI siècle, même si la fin du fact-checking annoncé par Instagram et Facebook n’annonce pas nécessairement qu’il sera suivi, comme lui, d’un âge de fer pour des faussaires devenus trolls.
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Forger le faux. Les usages de l’écrit au Moyen âge, de Paul Bertrand, Seuil, « L’univers historique », 520 p., 25,90 €, numérique 19 €