Il faut du temps pour que certains mots franchissent les barrages accumulés et parviennent jusqu’aux yeux, aux oreilles, aux cœurs visés. Tel est le cas de la poésie d’Adrienne Rich (1929-2012). Aux Etats-Unis, cette autrice est considérée comme une gure littéraire, féministe et lesbienne de premier plan, une sorte de Monique Wittig (1935-2003) américaine, dont l’œuvre compte des dizaines de livres, couronnés par de nombreux prix et traduits dans une vingtaine de langues – mais pas en français. Dans l’Hexagone, elle reste trop méconnue. En 2019, une thèse entière signée Charlotte Blanchard a même tenté d’élucider cette singulière « absence du champ littéraire français ».

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