Chaque jour, dans le monde, des millions de personne se précipitent sur un petit cahier afin d’y consigner des « pensées » ou des « emplois du temps ». Que jouent ces intimes confessions, ces mises en page du vécu, au goutte à goutte ?
Parmi ces personnes, une minorité d’écrivains. Quelle part de liberté ou de contrainte le journal peut-il leur offrir que le roman ou le poème ne pourraient pas ?

Comment décider, chez les professionnels du stylographe, entre les délices du privé dont ils font mine d’observer l’exigence et la conscience du public, dans l’orbe duquel ils travaillent constamment ? De nombreux journaux d’écrivains sont, dès les prémices d’élaboration, voués à paraitre. Ce destin ne manque pas d’imposer à l’œuvre des décrets. Mais, par le biais du morceau d’ombre sculpté enfin mis en lumière, un nouveau dialogue se noue avec le texte tout entier.

Le journal intime fut, pour Gaston Compère et Henry Bauchau, l’occasion d’accompagner l’œuvre en projet : musicale pour Compère avec l’invention d’un quatuor à cordes, romanesque pour Bauchau avec Œdipe sur la route, dont fut extraite plus tard l’histoire subtile de Diotime et les lions. 

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