L'Alhambra ! Pourquoi ai–je toujours rêvé à ce palais andalou qui doit son nom à ses murs rouges (al–Qalʻatou (a)l–Ḥamrāʼ(ou), c'est–à–dire « le château rouge ») ? Pas de réponse sûre. Serais–je influencé par les huit siècles d’occupation maure qui ont marqué l’Andalousie et plus particulièrement Grenade ? Sûrement cette attirance m’a–t–elle été fournie par une lecture d’enfance (mais laquelle ?) enrichie ensuite d’autres lectures et surtout d’autres images. Hautement photogénique, l’Alhambra a inspiré des milliers de photographes et j’ai pu ainsi nourrir mon espoir au fil des ans. Situé sur la colline de la Sabika, cet ensemble fortifié domine la plaine et la ville de Grenade. de là, on peut voir les sommets enneigés de la Sierra Nevada. C'est là qu'on trouve le palais mauresque qui fait la gloire de l'Alhambra ainsi que le palais de style renaissance de Charles Quint. 

Et le rêve a failli devenir réalité quand notre fille nous a offert le voyage. Malheureusement, à cette époque des problèmes de santé de ma conjointe nous ont fait renoncer au projet. Il est maintenant un peu tard pour donner corps au rêve. « Non, jamais je n’atteindrai Grenade/Bien que j’en sache le chemin. » chantait Jean Ferrat[

Je n’oublie pas que Paris eut un music–hall célèbre qui portait aussi ce nom : l’Alhambra. Situé près de la place de la République (50 rue de Malte, dans le 11e arrondissement) le lieu abrita à partir de1866 le Cirque–Impérial qui devint ultérieurement le Théâtre du Château d’Eau avant de muter en Opéra–Populaire. C’est en février 1904, après bien des déboires financiers qu’il devient l’Alhambra où se succèderont les vedettes les plus en vue de l’époque : notamment Yvette Guilbert, le clown Grock, le magicien Houdini, Raimu, Bouglione et Mistinguett. J’en passe (beaucoup). En 1925, un incendie détruit le bâtiment qui sera reconstruit en plus beau, bénéficiant des avancées techniques de l’époque et d’une audacieuse architecture.

 

 

 

[1] Federico Garcia Lorca, Jean Ferrat.

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