On rapporte qu’âgé de 24 ans, Issac Newton dut se retrancher dans la maison familiale de Woolsthorpe, un village situé au sud-est de Nottingham. Ce confinement était rendu nécessaire par la grande épidémie de peste bubonique qui décima un quart de la population londonienne entre 1665 et 1666. Ce retrait eut un gros avantage pour l’humanité. C’est en effet durant cette période tranquille que Newton put échafauder la théorie de la gravitation universelle. Sans remonter aux ermites et anachorètes du premier millénaire, l’histoire des reclus et recluses remplit d’innombrables ouvrages.

Jamais je n’aurais pensé que le mot confinement figurerait ici. Je connaissais le confinement à la chambre, recommandé ou imposé à certains malades. Je savais aussi que le confinement peut aussi avoir à faire avec l’univers carcéral. Cette peine de l’isolement est paraît-il très répandue aux États-Unis. Mais de là à voir une partie de la planète sommée de se cloîtrer à domicile en évitant tout contact avec autrui… Et pourtant, nous y avons été contraints. Et peut-être la grippe aviaire qui sévit dangereusement aux États-Unis en ce moment va-t-elle nous obliger à renouveler cette triste obligation. Le choix de Trump d'un antivaccin comme ministre de la santé peut faire craindre le pire.

Personnellement, je confesse que ce confinement, s’il n’était lié à une pandémie dévastatrice ne m’a pas trop gêné. Mon côté « des Esseintes », personnage principal d’À Rebours que j’ai longtemps apprécié et envié avant de me ressaisir, s’est plutôt bien accommodé de ces contingences sanitaires. De cet enfermement quasi obligatoire, je pourrais même préciser que je ne vois guère de différence avec ma recherche naturelle d’isolement voire de solitude. Cette situation me fait penser à Jean-Paul Sartre et à son fameux « l’enfer c’est les autres » dans Huis clos. Heureusement, nous fûmes seulement confinés à deux et notre passé est loin d’être aussi fangeux que celui des personnages de la pièce.

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