Lectures. La récréation est finie : Dario Ferrari emploie des registres de langue très différents, avec beaucoup de virtuosité (oral et familier, universitaire et savant, idéologique et militant)
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Le 21 mai 1980, Margaret Thatcher, Première ministre du Royaume-Uni, s’exprimait devant des adhérentes au parti conservateur qu’elle dirigeait. C’est à cette occasion qu’elle prononça une formule passée depuis à la postérité : TINA. There is no alternative. Il n’y a pas d’autre voie. Ce qu’elle voulait dire, c’est que l’économie de marché et le capitalisme mondialisé ne sont pas des états transitoires qui seront un jour dépassés : ils constituent un point d’arrivée et leur triomphe est une forme de transcendance à embrasser avec bonheur. Ce faisant, elle enterrait de façon lapidaire des décennies de mouvements révolutionnaires, avec ce qu’ils avaient porté d’aspiration au progrès et à l’émancipation, à la liberté et à l’égalité. TINA. There is no alternative.
Depuis, les faits lui ont donné raison et, pour beaucoup (presque tout le monde, en fait), un tel constat est désespérant. C’est une injonction à abandonner tout espoir et à se satisfaire de cet état des choses. Marcello, l’anti-héros de La Récréation est finie, sombrerait lui aussi dans un profond désenchantement s’il ne s’en fichait complètement (ce qui le rapproche naturellement du Mastroianni vitellone de Fellini).
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