Journal Le passé défini Jean Cocteau. Une écriture de l’intime qui s’inscrit dans une perspective posthume
17 nov. 2025/image%2F7030078%2F20251117%2Fob_2db9fb_download.jpg)
Le journal Le Passé défini est l’œuvre par laquelle Jean Cocteau se définit et s’expose, en cultivant une écriture de l’intime qui s’inscrit dans une perspective posthume. Ce journal, tenu de 1951 à sa mort en 1963, fut destiné dès l’origine à être publié après son décès, à la différence de la "mode" lancée par Gide qui consiste à publier son journal de son vivant. Cocteau revendique une pratique du journal comme lieu de dialogue avec de futurs lecteurs, et refuse le monologue ou la censure intérieure : "Un journal n’existe que si on y consigne sans réserve tout ce qui vous passe par la tête".
Le journal comme espace de création et mémoire
Dans Le Passé défini, Cocteau s’emploie à créer une image de lui-même à travers le prisme de sa subjectivité, ses doutes, ses certitudes, ses élans et ses chutes. Le journal devient un atelier, un remède à la solitude, mais aussi un "vide-poches" où il accumule réflexions sur sa difficulté à être heureux et reconnu, tout en appelant à une certaine humilité éditoriale. L’écriture diaristique de Cocteau répond à une attente de reconnaissance, mais également à une volonté de donner forme à une "scénographie judiciaire", où l’auteur se met tour à tour dans la peau du juge, de l’avocat et de l’accusé.
Contrairement à une simple chronique du présent, Le Passé défini se rapproche d’une autobiographie ou de mémoires : il explore la temporalité, la mémoire individuelle et collective, et la mythologie personnelle de Cocteau. Le journal prend aussi la forme d’un carnet de décès, où sont consignées les disparitions de proches, et le sentiment d’une mort pressentie traverse les dernières années. Le texte témoigne de l’énergie consacrée à ses réalisations artistiques et cinématographiques, tout en mettant l’accent sur les disparités et la fragmentation de l’écriture fragmentée et métadiscursive.
Caractéristiques éditoriales et réception
Le Passé défini représente un monument textuel : publié en huit volumes, totalisant près de cinq mille pages, l’édition commence en 1983 et s’achève pour le cinquantenaire de la mort du poète en 2013. Au fil des ans, les principes éditoriaux ont évolué, les premiers volumes offrant des textes quasi intégraux enrichis d’index et de notes. Cette publication a renouvelé l’étude du diarisme chez Cocteau, en soulignant son ambition de donner à lire une vie à cœur ouvert.
En somme, le journal Le Passé défini constitue chez Cocteau l’espace essentiel de la définition de soi, mêlant introspection, invention de soi-même, et dialogue posthume avec la postérité, tout en s’inscrivant dans les grandes traditions du genre.
Le journal Le Passé défini de Jean Cocteau couvre la période allant de 1951 à 1963, c’est-à-dire des premières années des années 1950 jusqu’à la mort de l’auteur. Chaque volume correspond à une ou deux années de sa vie, relatant les événements,
Il n’existe pas facilement disponible en ligne de table des matières détaillée pour chaque tome du journal Le Passé défini de Jean Cocteau ; elles ne sont généralement publiées qu’en début de chaque tome dans les éditions Gallimard. Ces tables des matières recensent les dates, événements majeurs, noms de personnes évoquées et fragments thématiques propres à chaque période couverte par le volume. Pour obtenir une table des matières exhaustive, il faut consulter les volumes imprimés ou les catalogues bibliothécaires spécialisés qui décrivent parfois le contenu année par année.