Souvenirs d’une morte vivante est un texte autobiographique de Victorine Brocher (1839-1921), publié en 1909 à Lausanne. Il s'agit d'un témoignage exceptionnel car c’est l’un des rares récits écrit par une femme du peuple ayant traversé et survécu aux insurrections de 1848 et surtout à la Commune de Paris en 1871.

Victorine Brocher, ambulancière puis cantinière aux côtés des fédérés, y livre dans une langue sobre et directe son vécu : la misère sous le Second Empire, les privations du siège de Paris, la mort de ses enfants, le souffle révolutionnaire et enfin la Semaine sanglante qui vit l’écrasement de la Commune. Brouillée pour toujours avec la France officielle, Victorine Brocher dut partir en exil en Suisse après avoir échappé de peu à l’exécution, d’où le titre du livre : elle fut déclarée fusillée par les autorités versaillaises, alors qu’elle était bel et bien vivante.

L’ouvrage se distingue par la perspective unique d’une femme du peuple, décrivant la quotidienneté, les souffrances, les colères mais aussi les espoirs populaires de l’époque. Il est préfacé par Lucien Descaves et certaines éditions modernes comportent un appareil critique de Michèle Riot-Sarcey.

Victorine Brocher explique son surnom de « morte vivante » car, lors de la répression de la Commune de Paris, elle a été officiellement déclarée fusillée en 1871 par les autorités versaillaises. En réalité, une autre femme (ou plusieurs femmes au nom proche) a été exécutée à sa place, tandis qu’elle a réussi à s’enfuir et à survivre, se cachant d’abord puis partant en exil en Suisse. Aux yeux de l’État, Victorine était alors considérée comme morte, alors qu’elle était toujours en vie : d’où le titre de ses mémoires, Souvenirs d’une morte vivante.

 

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